A la recherche de nos Lavoirs
- catherinepaulus
- 21 mars
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 mars

L'origine des lavoirs remonte, généralement au XIXe siècle, période à laquelle ils sont construits pour limiter les risques d'épidémie dans le pays. Auparavant, un lavoir consiste simplement en une pierre plate, posée au bord d’un cours d’eau ou d'une source, pour pouvoir laver le linge .
Après différentes épidémies de typhoïde, variole et choléra des 18ème et 19ème siècles, une conscience hygiéniste gouvernementale se développe. Pour garantir la pureté de l’eau, le gouvernement de la Deuxième République décide de faire voter en 1851 une loi afin d'inciter les communes à créer un espace dédié au lavage du linge.
Les villages et hameaux, quelque soit leur importance démographique, s'équipent progressivement de lavoirs qui deviennent des équipements publics.
A Lalobbe, petit à petit, la municipalité prend conscience des impératifs d'hygiène et de salubrité. C’est tout d’abord, à partir de 1858, dans les comptes de la commune, une simple ligne « Entretien des aqueducs, fontaines, puits et, mares » avec un budget très limité. Et il faudra attendre 1884, pour que les premiers lavoirs publics soient construits.
Il existait dans la commune des "fontaines" (sources) où l'on venait laver le linge, et c'est quelques uns de ces endroits qui vont être utiliser pour installer les lavoirs.
Liste des sources relevées sur le cadastre de 1844
La commune procède aux achats de terrains nécessaires pour accéder aux "fontaines" et édifie ensuite les bâtiments qui seront en bois, peints et couverts avec parfois une porte à l'entrée du chemin d'accès.
Parmi les six lavoirs que comptait le village, le plus important était celui de "la Bonne Eau" qui possédait deux bassins et avait été pavé. Ma mère, Pâquerette, revoit encore Odette Quérin (née Piermée) revenir du lavoir avec sa brouette de linge.
Relevé de quelques dépenses faites par la commune pour les lavoirs (souvent dénommés fontaines)
Le lavage du linge autrefois
Beaucoup pense que toute la lessive s'effectuait autour du lavoir. Cette idée n'est vraie qu'en partie seulement. Rappelons donc comment on lavait le linge au début du XIXe siècle.
Tout d'abord, cette opération n'était pas fréquente. Les draps et les gros vêtements de travail pouvaient fort bien n'être lavés que deux fois par an lors de la « grande lessive », les autres pièces de linge, au mieux toutes les semaines.
L'essentiel du travail, exclusivement féminin, se déroulait dans une buanderie accolée à la maison, généralement proche du four à pain ou dans la cour de la ferme. Le linge sale était disposé bien à plat dans un grand baquet de bois au fond duquel une bonde que l'on pouvait déboucher permettait à l'eau de s'écouler. Il séjournait toute une journée dans ce baquet rempli d'eau tiède.
Le jour suivant, après avoir vidé cette première eau, on tendait au-dessus du linge une grosse toile de lin. Sur ce tamis rudimentaire, on étalait une couche de cendres soigneusement réduites en poudre. Cette cendre riche en carbonate de potassium, était bien connue pour son pouvoir nettoyant. On versait ensuite doucement sur cette couche des casseroles d'eau chaude mais non bouillante afin de ne pas cuire les taches et on laissait tremper le linge dans cette infusion XXL jusqu'au lendemain.
Ce n'est que le troisième jour que l'on transportait à la rivière ou au lavoir, dans des paniers ou dans une brouette, le contenu du baquet. C'est là que, dans l'eau claire, chaque pièce de linge était rincée, battue et rincée encore puis essorée et ramenée à la maison pour le séchage sur l'herbe, sur la haie ou à cheval sur une une cordelette.
Et le savon, direz-vous ?
C'est simple, jusqu'au milieu du XIXe siècle environ, il n'y avait pas de savon ! Ou plutôt il était trop cher et la majorité de la population ne pouvait pas se l'offrir.
La disparition des lavoirs

Les lavoirs ont été utilisés jusqu’après la seconde guerre mondiale et l'avènement des machines à laver a sonné la fin de l’exploitation de ces lavoirs.
Certains villages les ont conservés ou restaurés ; à Lalobbe, il n'en existe plus ou seulement quelques traces.







Je ne sais pas s'il existe encore des traces visibles de ces trois derniers lavoirs, si d'aventure quelqu'un veut vérifier et prendre des photos (même à l'état de tas de planches), je pourrais les intégrer à cette publication.
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