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La mairie-école et la nouvelle école des filles

Dernière mise à jour : 22 mars

Entre 1833 et 1867, plusieurs lois imposent  à toutes les communes d'avoir une école primaire, d'entretenir une ou plusieurs écoles primaires, de pourvoir aux dépenses de l'enseignement primaire, de fournir un local professionnel et un logement aux instituteurs et encouragent la séparation des filles et des garçons à l'école primaire, les communes de plus de 500 habitants ont l'obligation d'avoir au moins une école primaire pour les filles.

(Lois du 28/6/1833, dite Loi Guizot - 15/3/1850, dite Loi Falloux - 10/4/1867 dite loi Duruy)


Le déploiement des mairies-écoles participe à la forte croissance des écoles primaires en France. Cette multiplication des écoles accompagne et rend possible la forte progression de la scolarisation des enfants français en primaire. Tous les départements français ont alors un taux de scolarisation très élevé, y compris les plus ruraux qui sont les plus grands bénéficiaires de cette multiplication du nombre d'écoles. (cf Wikipédia).


 

La Mairie-école (des garçons)

En 1859 et 1860, la commune loue la propriété de Madame Lavault avant d'en faire l'acquisition en 1861 pour y établir la mairie-école, la mairie sera au premier étage et l'école des garçons au rez-de-chaussée.




Au préalable, une ordonnance impériale avait été délivrée le 2 mars 1861, autorisant l'achat et le financement de cette acquisition.






Par acte devant maître Alfred Cailteaux, notaire à Wasigny, Mr Ignace Emile Lavault et Madame Caroline Joséphine Françoise Henriette Durand de Prémorel vendent à la commune de Lalobbe représentée par son maire, Séraphin Chatelin, un immeuble (l'actuelle mairie) pour la somme de 6 000 francs payables en sept années au taux de 5% l'an. Le tout est financé par quelques subventions et un impôt extraordinaire que les contribuables de la commune devront acquitter. Au total, la commune déboursera un peu plus de 8 000 francs (compris frais et intérêts).

Extrait de l'acte d'achat de la mairie-école

L'opération immobilière est d'importance comme le prouve la présence de tout le conseil municipal qui signe l'acte de vente rédigé en la demeure du maire.

Extrait de l'acte d'achat de la mairie-école

Description de l'immeuble tel qu'il était lors de son acquisition

Extrait de l'acte d'achat de la mairie-école


Plans de l'école des garçons en 1924


Au rez de chaussée, la salle de classe à droite en entrant dans ce qui était la salle à manger et le salon et à gauche, la cuisine évoquée dans la description de l'acquisition de 1861 a été conservée. A l'étage, deux chambres ont été réunies afin d'accueillir la mairie. Plus tard, la mairie sera au rez-de-chaussée, dans ce qui était la cuisine, la salle du conseil occupera l'ancienne salle de classe lorsque tous les élèves seront réunis en une classe unique dans l'ancienne "école des filles".



Enfin, après la fermeture définitive de l'école primaire de Lalobbe, de grands travaux de transformation seront entrepris en 2011 dans l'école construite en 1880, aménagement de deux logements en duplex et dans la "mairie-école", aménagement des bureaux de la mairie et d'une cuisine pour la nouvelle salle communale, transformation du bûcher-remise avec une extension pour la création de la salle polyvalente ouverte à tous.


Plans dressés lors des travaux de 2011 (cf Bulletin Lalobb'infos 2011)


 

Construction de l'école des filles


En 1880-81, l'entreprise de maçonnerie de Jules Jean Baptiste Colas, (l'arrière grand père de notre maire Daniel) est mandatée pour la construction de l'école des filles, qui coûtera à la commune 15 383,75 Frs. L'opération est financée par quelques subventions, un secours de l'état de 250 francs, un emprunt de 10 000 francs auprès de la Caisse des Ecoles ; les remboursements de cet emprunt se termineront en 1910 et auront été réglés grâce à une nouvelle imposition extraordinaire. S'ensuivent en 1882 les dépenses pour meubler et équiper la nouvelle école des filles, (mobilier scolaire, pompe à eau et évier de la cuisine, placard, armoire...).


Plan de l'école des filles
Plan de l'école des filles

Au fil des ans, divers aménagements et achats sont faits tant pour les écoles que pour la mairie comme le prouvent les budgets et les comptes administratifs de la commune de 1845 à 1921.

Toutefois, entre 1845 et 1847, les dépenses de la commune en matière d'instruction primaire se limitent aux salaires des enseignants, financés par une imposition extraordinaire, une subvention pour l'enseignement primaire et surtout par la "rétribution scolaire"(*).


(*) Le paiement d'une rétribution scolaire par les parents, dont étaient seuls dispensés les élèves indigents, fit partie intégrante de la législation scolaire française pendant quatre-vingt-six ans jusqu'à la loi du 20 juin 1881, qui établit la gratuité de l'enseignement.


Quelques achats et aménagements dont ont bénéficié les écoles et la mairie depuis leur création jusqu'en 1921



 

La Mairie Ecole vers 1921-1924 et l'école des filles
La Mairie Ecole vers 1921-1924 et l'école des filles

En 1921, les instituteurs Melle Migeot et Mr Cordier répondent à un questionnaire adressé par le service de l'enseignement primaire.


Les Ecoles


39 filles et 30 garçons fréquentent l'école du village, en majorité âgés entre 6 et 13 ans. Les bâtiments sont "sains", bien aérés et ont été blanchis cette année.

Le balayage des classes est antiseptique, rémunéré par la commune et ce ne sont pas les élèves qui l'effectuent.


Chaque groupe d'élèves dispose d'un cabinet d'aisance, qui est proprement entretenu et nettoyé par la femme de ménage pour celui des filles et par l'instituteur pour celui des garçons. Ils sont placés de manière à être surveillés depuis la salle de classe.


Deux cours sont à la disposition des élèves, celle des filles est en mauvais état, elle mesure 24m sur 12m avec un préau couvert (7m sur 5m), celle des garçons mesure 20m sur 5m, elle est en bon état mais sans préau. Il n'y a pas d'eau potable dans la cour à disposition des élèves et l'école n'est pas équipé en lavabos.


Chaque élèves dispose d'une place assise sur des tables à deux places avec dossier pour les filles (ce que Melle Migeot trouve peu commodes) et les garçons sur d'anciennes tables à cinq places, en relativement bon état.


Exemple de classe au début du 20ème siècle- 23 Fi 178Archives départementales de la Drôme
Exemple de classe au début du 20ème siècle- 23 Fi 178Archives départementales de la Drôme

Le Matériel scolaire



Ecole des filles : quatre tableaux noirs en "médiocre état", le nécessaire métrique et le boulier sont incomplets, cartes géographiques J Vidal Lablache, un globe terrestre, le musée scolaire(*) assez complet avec un album de couture.

Remarque de l'institutrice : "le budget voté par le conseil municipal avant la guerre pour les étoffes et dessins de couture a été supprimé".

(*) Voir commentaires ci-après



Ecole des garçons : quatre tableaux noirs en "médiocre état", le nécessaire métrique est incomplet, un compas de bois, douze bouliers, un cadre du mètre cube, un thermomètre, une collection de solides géométriques (cubes, parallélépipède, pyramide, cône etc...), des cartes géographiques, planisphère Europe, France, Ardennes, un plan topographique en relief de la commune (appartenant à l'instituteur), un globe terrestre en mauvais état, une horloge, un phonographe. Le musée scolaire(*) qui renferme de nombreuses collections appartient à l'instituteur.


(*) Le musée scolaire désigne surtout les objets usuels dont l'instituteur fait usage dans le procédé d'enseignement connu sous le nom de "leçons de choses". Un musée scolaire est donc une collection d'objets, les uns naturels, les autres fabriqués, destinés à donner aux enfants des idées nettes, exactes, sur tout ce qui les entoure. Le musée scolaire a été encouragé et s'est répandu dans les écoles françaises fin XIXe siècle début XXe siècle, puis est devenu plus rare. Pour en savoir plus : http://www.le-temps-des-instituteurs.fr/ens-sciences-musee-scolaire.html



La Bibliothèque scolaire


Ecole des filles :

La bibliothèque a été fondée en 1905, 23 ouvrages peuvent être prêtés. Ils ont été achetés en grande partie grâce aux cotisations. Durant la guerre, 13 livres ont disparu. Nombre de prêts en 1920 : 32


Ecole des garçons :

La bibliothèque a été créée en le 9 décembre 1863. L'armoire de la bibliothèque renferme 169 ouvrages représentant 290 volumes dont 35 seulement peuvent être prêtés. Tous les livres de classe appartiennent à la commune, beaucoup sont usagés, les géographies manquent. Nombre de prêts en 1920 : 120

A la question "Moyens pour accroître le nombre de prêts",Mr Cordier, l'instituteur répond : "Lecture aux adultes et aux enfants pour leur donner le goût de la lecture"


La Caisse des Ecoles(*)


Elle n'existe pas, les fournitures scolaires sont payées par la commune sur le produit d'un legs(*) et tous les élèves bénéficient de la gratuité. Mr Cordier précise qu'il n'y a pas de fonds en ce moment.



(*) La caisse des écoles a été institutionnalisée en 1867, les conseils municipaux avaient la faculté d’établir une caisse des écoles destinée à encourager et à faciliter la fréquentation de l’école par des récompenses aux élèves assidus et par des secours aux élèves indigents. Cette faculté devient une obligation pour toutes les communes en 1882. A Lalobbe, cette caisse apparait clairement dans les comptes administratifs de la commune en 1874. Cependant, elle existait déjà auparavant, sans toutefois être désignée comme telle, la commune finançant l'éducation des enfants avec le "legs Rions".

Mr Jean Baptiste Rions, garde forestier demeurant à Lalobbe décédé en 1850 avait rédigé un testament en 1848 dans lequel, il léguait à la commune de Lalobbe deux bois, d'environ cinq hectares situés à Noblemont (Nobermont) et aux bois des Roches. Il précisait que le produit de ce legs devait servir aux oeuvres de charité pour élever les orphelins ou pourvoir à leur éducation, les autorités civiles et religieuses ayant obligation de s'entendre au début de chaque année. Ainsi, la commune vendit régulièrement par adjudication des coupes de bois dont le produit servait à financer les achats de fournitures scolaires , matériels, mobiliers etc...) et parfois des indemnités aux instituteurs pour enseignement des élèves indigents. La caisse des écoles était bien doté puisqu'en 1880, la commune lui emprunte 10 000 francs (voir construction de l'école des filles ci-dessus). En 1921, la caisse des écoles n'existait plus, mais elle avait fonctionné jusqu'à la première guerre mondiale. En juin 1942, la structure administrative est de nouveau rétablie, le maire Mr Marquigny en dépose les statuts qui sont approuvés par la préfecture.



Les Cours d'adultes et conférences populaires en 1919-1920


Melle Migeot précise qu'une vingtaine de réunion des anciennes élèves ont eu lieu le dimanche, en 1919-1920. Mr Cordier a organisé une vingtaine de cours avec une moyenne de seize personnes présentes par séance. Il indique que le chauffage est pris sur le chauffage de la classe du jour.


L'Enseignement de travaux à l'aiguille


Il est dispensé par l'institutrice

Cours de couture Ecole d'Hellemmes, banlieue de Lille fin 19e ou début 20e
Cours de couture Ecole d'Hellemmes, banlieue de Lille fin 19e ou début 20e

L'Enseignement agricole


Garçons uniquement

Le jardin de l'école possède des carrés de démonstration, aucune expérience n'a été menée en 1920. Cinq promenades on été organisées au cours de l'année (termes géographiques, forêt et botanique).


La Distribution de Prix


En 1921, il n'y a aucune distribution de prix


Les Logements des instituteurs


Melle Migeot : Le logement appartient à la commune, il est sain et convenable mais mal entretenu. Aucune restauration depuis sa construction. Le logement est composé de six pièces, dont quatre à feu (avec chauffage) et d'une cave. Il est alimenté en eau potable grâce à une pompe en mauvais état. L'institutrice dispose d'une buanderie. La commune ne fournit ni l'éclairage, ni le chauffage. Un jardin de six ares est attenant au bâtiment.


Mr Cordier : Mêmes remarques concernant l'entretien et l'état de son logement qui est plus petit (trois pièces dont deux à feu, le tout alimenté en eau potable grâce à une pompe. L'instituteur dispose également d'un jardin et d'une remise en ruine !

A la question : "A quelle date a-t-il été restauré ? ": Mr Cordier répond : "Il y a 30 ans"


 

Et pour en terminer avec l'école primaire d'autrefois, ci-dessous à télécharger, quelques extraits de cahiers d'écolier (famille Barlat) ayant fréquenté l'école de Lalobbe au début du 20ème siècle (découverts aux archives départementales des Ardennes, cote 1J 1167)



 

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