Marie Louise Peltier, une femme qui fait face à l'adversité
- catherinepaulus
- 7 févr.
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Après la mort du meunier Étienne Philogène Tinois, Marie-Louise Peltier, se retrouve donc seule pour élever ses trois filles mineures et administrer un patrimoine complexe fait de moulins, de terres, de dettes et de créances. Pendant près de huit ans, c'est à dire jusqu'à la majorité de la plus jeune de ses filles, elle gère les biens familiaux, règle les affaires en cours et veille à préserver ce qui peut l’être pour l’avenir de ses enfants.
Ainsi, en août et septembre 1869, Marie-Louise Peltier Veuve Tinois décide de mettre en location le moulin de Lalobbe et passe des annonces dans la presse locale :

Ne pouvant plus exploiter seule le moulin, elle en sous-loue l’usage à compter du 1ᵉʳ novembre 1869, à Félicien Gilliard, un meunier belge, tout en conservant le corps de ferme de 26 hectares et certains bâtiments. La cession est conclue pour une redevance annuelle de 1 100 francs, aux conditions du bail initial, Madame Tinois restant responsable vis-à-vis des propriétaires.

En 1875, le contrat de location arrive à son terme, un état des lieux est établi par des experts respectivement désignés par chacune des deux parties, et ce, en présence de Marie Louise et des futurs locataires, les frères Arbonville qui prennent en main l’exploitation du moulin en s’engageant par un bail de quinze ans. Un des deux frères, Jean Nicolas Adolphe, boulanger de son état a épousé quelques mois auparavant Henriette Rosa Tinois, la fille de Marie Louise et de son mari défunt.
Lorsque Marie Elisa Tinois, la plus jeunes des trois filles du meunier décédé, atteint sa majorité, en mai 1875, Marie Louise, leur mère rend officiellement compte de sa gestion devant notaire. Elle explique avoir encaissé les sommes dues, vendu certaines terres et des arbres pour faire face aux charges et payé une grande partie des dettes laissées par son mari. Elle a également financé des réparations indispensables au moulin d'Herbigny, afin de maintenir l’outil de travail en état.
Les comptes montrent que la communauté de biens du couple a dégagé un léger bénéfice, mais que la succession du père reste déficitaire, en raison du poids des dettes anciennes et des frais engagés. Au final, les enfants doivent encore une somme à leur mère, qui a avancé de l’argent pour couvrir les dépenses nécessaires à leur entretien et à la conservation des biens. Après vérification des comptes, les filles en reconnaissent l'exactitude et la sincérité.
Entre 1875 et 1883, Marie Louise et ses filles louent successivement leur moulin d'Herbigny à Charles et Jules Adnet, (1 200 francs de loyer annuel) puis à Hubert Tinois (600 francs par an) et en 1884, elles décident de vendre la propriété (moulin et terres) à Louis Hubert Tinois, un petit-neveu de Philogène Tinois, pour 9820 francs.

Ainsi Marie Louise Peltier, dans un contexte difficile, a assuré avec sérieux la gestion du patrimoine familial et l’avenir de ses enfants.
Epilogue
Après avoir sous loué le moulin, Marie Louise habitera dans la grand rue avec ses trois filles, dans une des maisons situées en bas du village (soit à l'emplacement de l'actuel café St Nicolas soit une des maisons suivantes) et exploitera avec l'aide d'un commis Désiré Gobin, le corps de ferme loué par son défunt mari jusqu'à l'expiration du bail en 1875.
Puis, alors âgé de 58 ans, elle s'installe en 1880 à Gauditout, chez son père Adolphe Joseph qui est veuf depuis peu ; sa fille Adélaide vit avec elle. La maison était située à proximité de celle où vivaient Philippe Honoré Peltier et son épouse Rose Peltier tous deux apparentés avec Marie Louise (lointaine cousine). Les maisons étaient situées parmi les premières à droite en venant de la route départementale.
Marie-Louise aura de nombreux petits-enfants. Sa fille aînée Adélaïde aura 3 enfants qui porteront le patronyme de Tinois. Adélaïde ne s'est jamais mariée et s'installe à Rogiville (maison actuelle de Michel Davesne) où elle vit maritalement avec Emile Médard Peltier, séparé de corps de son épouse.
La cadette, Henriette Rosa aura 10 enfants dont peu parviendront à l'âge adulte et la benjamine, Marie Elisa se mariera avec un de mes lointains oncles Emile Henry Lemoine, charcutier (maison où habite actuellement Danièle Piraux), elle aura un seul enfant mais le père et l'enfant décèderont à quelques semaines d'intervalle.
Marie Louise décède à Gauditout à l'âge de 78 ans, le 1er janvier 1900, à 9 heures du matin.



