Le moulin, témoin de tragédies
- catherinepaulus
- 8 janv.
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Dernière mise à jour : il y a 6 jours
En août 1740, Françoise Doyen, épouse du voiturier Pierre-Antoine dit Martin, est retrouvée noyée près de la rivière qui alimente le moulin du village. Selon les premières constatations, elle serait tombée accidentellement dans l’eau et la profondeur du courant l’aurait aussitôt engloutie, sans qu’elle puisse être sauvée. Son corps est retiré de la rivière et déposé sur la berge.
Alerté, l’officier de justice locale se rend sur place pour faire procéder à la reconnaissance officielle du cadavre, comme l’exige la procédure. Deux chirurgiens jurés, Nicolas de Pressigny et Nicolas Boitte, sont appelés à examiner le corps avant toute inhumation. Après avoir prêté serment, ils inspectent la dépouille et ne découvrent aucune blessure pouvant laisser supposer un crime : tout indique une noyade accidentelle.
À l’issue de leur visite, ils rédigent un procès-verbal confirmant leurs observations, afin que Françoise Doyen puisse être enterrée dans le cimetière de l’église Saint-Lambert, conformément aux usages chrétiens.
Extrait du procès verbal
[...] Françoise Doyen vivante femme de¨Pierre Antoine dit Martin, voiturier demeurant audit Lalobbe, setent rendeu prez la rivière dudit Lalobbe, aux dessus des écluses du moulin dudit lieu, s'es seroit malheureusement laissé tombé dans l’eaux et la profondeur de laquel l'ayant du bort ensevely et couvert, elle seroit deveneu noyée sans avoire peut etre secoureu.
Suivant de la part qu'il luy en a esté fait et le cadavre ayant esté retirez de l'eaux et posé sur le bort de ladite rivière qui fourny l'eaux audit moulin, il y reste gisant.
Pourquoy il nous a requis de vouloire nous transporter sur le lieu pour ordonner la reconnoissance et visite dudit cadavre par cirurgien jurez et consentement dyceluy pour estre enterrez dans le cimetiere de l'eglise de St Lamber dudit Lalobbe, atttendeu quelle est nez de pere et mere chretien et catholique et quel a receu la grace du bateme en sa naissance.
Sur quoy ayant égard à la r.........ement et réquisition dudit lantien procureur fiscal, nous nous serions de suitte transporté sur le lieu aux dessus de ladite écluse proche le moulin dudit Lalobbe en présence dudit antien et assisté de notre dit greffier commis, où estant, nous avons trouvé le corps dudit cadavre gisant à terre, la face sur terre et les pieds dans l'eaux et affin de reconnoitre si ledit cadavre ou corps diceluy estoit vivant lors quelle a esté précipité ou tombé à l'eaux, avons ordonné, aux paravant l'enterrement dyceluy, quil sera veu et visité par Maitre Nicolas de Pressigny et Nicolas Boitte cirurgien juré demt à Signy L'abbaye et audit Lalobbe, à laquelle fin seront assigné à comparroire cejourdhuy pardevant nous quatre heures de relevé pour preter le serment de bien et fidelement procéder à ladite visitte dont ils seront teneu de dresser procès verbal[...] »
Ce jourdhuy vingt cinquieme aoust mil sept cent quarante, nous soubsigné Nicolas de Pressigny et Nicolas Boitte cirurgien juré demeurant à Signy l'Abbaye et Lalobbe, en vertu de l'ordonnance de Mr l’antien pratitien exercant la justice de Lalobbe et par exploit à nous donné par Letellier sergent en ladite justice, ledit jour vingt cinq aoust, nous nous serions transporté sur le bord de la Rivière dudit Lalobbe aux dessus du moulin dudit lieu où estant, nous auroins veu et visitté un cadavre d'une femme quy estoit noyée auquel nous n'avons trouvez aucunes blessures quy luy auroit, par eux causer la mort, autre que d'avoire tombé dans ladite rivière.
C'est ce que nous affirmons et certifions véritable pour servire et valloire en ce que de raison
En 1825, c'est le petit Antoine Eugène Baudoin, âgé de 8 ans, qui se noie dans le bief du moulin :
L’an mil huit cent vingt cinq, le douze du mois de juin à dix heures du matin par devant nous Maire et officier de l’Etat Civil de la commune de Lalobbe ..........sont comparus Philippe Baudoin plafonneur agé de trente cinq ans, domicilié à Rogiville, ......., premier témoin et François Canon ......., père et bel oncle du décédé, lesquels nous ont déclaré que le onze du présent mois de juin, à midi, Baudoin Antoine Eugène, âgé de huit ans, né et domicilié au dit Rogiville, ......., est décédé noyé dans le bief du moulin de Lalobbe .......
En 1887, un drame endeuilla tout le village, deux jeunes âgés de 14 et 17 ans périrent noyés. Il paraît, qu'il y a encore quelques décennies, les vestiges d'une croix existaient à l'endroit où ces jeunes gens se noyèrent.

Le Petit Ardennais 27/07/1887
Mais aussi, quelques sauvetages in extrémis




