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Les Seigneurs de Lalobbe depuis le 12ème siècle

Dernière mise à jour : 22 mars


Jusqu'à la Révolution, la terre appartenait aux seigneurs (simples propriétaires fonciers ou châtelains) et au clergé (monastère, abbaye, évêque....). À l'époque féodale, la seigneurie était bien souvent héréditaire, toutefois, pendant l'époque moderne (1492-1789), un roturier riche pouvait acheter une seigneurie.

 

En France, la quasi-totalité des terres du royaume faisait partie d'une seigneurie à la fin du XVIIIe siècle. On estime entre 40 000 et 50 000 le nombre de seigneuries à cette époque.

 

La seigneurie était généralement divisée en plusieurs parties, résultat des héritages, mariages, acquisitions, ventes ou échanges .... Ainsi, de nombreux propriétaires terriens possédaient le titre de seigneur du lieu (en totalité ou en partie) du fait d’une ou plusieurs possessions dans le village et une paroisse comptait alors plusieurs seigneurs bénéficiaires de nombreux et divers droits seigneuriaux ainsi que de revenus au prorata des parts qu’ils détenaient dans la seigneurie.


La terre de la seigneurie était systématiquement composée de deux grandes parties :

  • la réserve, la partie que le seigneur réservait à son usage propre, en général les meilleures terres qu'il exploitait directement et dont les revenus lui revenaient exclusivement ;

  • la tenure, la partie qu'il accordait en location à des paysans (appelés tenanciers ou vilains) qui lui versaient le cens (loyer). Sur les terres nouvellement mises en culture le seigneur prélevait une redevance en nature proportionnelle à la récolte, le champart.

Chaque seigneur avait un monopole sur l'utilisation d'équipements tels que le four à pain, le moulin à farine et le pressoir, les paysans n'avaient pas le droit d'en posséder et étaient obligés d'utiliser ceux fournis par le seigneur en échange de taxes appelées banalités.

 

 

Les seigneurs de Lalobbe jusqu'à la révolution


Au début du 12ème siècle, suite au démembrement du comté de Porcien et à un partage, Clérembaud seigneur de Rozoy sur Serre reçoit Chaumont-Porcien, La Hardoye, La Romagne, La Neuville les Wasigy, Lalobbe, Son en partie, la moitié de Begny et de Wasigny et le quart de Remaucourt.


Guy 1er de Sery est alors seigneur de Lalobbe et partage son pouvoir sur Lalobbe avec l’Abbaye de Signy à laquelle il avait fait don de certaines terres, son fils et petit fils lui succèdent.

Voir publication "La dynastie des Guy de Sery, seigneurs de Lalobbe au Moyen Age"


Au milieu du 13ème siècle par une double alliance, les Arnoul (ou Ernoul) de Beaufort, père et fils deviennent les seigneurs de Lalobbe. Arnoul 1er épouse Cécile la veuve de Guy 3 de Sery. Arnoul 2, le fils d'Arnoul1er issue d'une première union, épouse Aelis (ou Alix) la fille de Cécile et Guy de Sery 3ème du nom. Un peu compliquée, cette histoire de famille !


Les de Beaufort règnent donc sur Lalobbe durant plusieurs siècles, avec d'autres seigneurs tel vers 1450, Roland de Pavant, seigneur du Thour, Sery, Mesmont, Lalobbe, Herbigy, la Neuville et son épouse Marie de Beaufort, fille d'Arnoul (arrière petit fils d'Arnoul 2) et de Jeanne d'Herbigny. Publication à venir : "La famille de Beaufort, seigneurs de Lalobbe"


A la fin du 15ème siècle, la seigneurie de Lalobbe dépend de la baronnie de Chaumont-Porcien détenue en totalité par Jean Destable, chevalier, baron de Chaumont-Porcien, seigneur de Rubigny et Wadimont. Parmi ses fiefs(*) figurent la forteresse de Lalobbe détenue par Jacques de Beaufort et la moitié de la ville de Lalobbe avec haute moyenne et basse justice détenue par Jehan de Rozoy.

(*) Fief : Domaine, parfois revenus concédé(s) par le seigneur à son vassal, sous condition de foi et hommage et assujetti à certaines redevances en contrepartie de certains services


En 1525, deux seigneurs de Lalobbe sont impliqués dans un conflit avec l'abbaye de Signy, Guillaume Dunerbon(?) et Gilles de Resnes. (Voir publication : "Le prieuré de Saint Nicolas").

La fille de Gilles de Resnes, Joachine de Resnes épouse vers 1573, Antoine Duguet, lequel devient par son union, Seigneur de Lalobbe.



Près d'un siècle plus tard, en juin 1673, la seigneurie de Lalobbe est vendue à Messire Christophe François de Launoy chevalier seigneur de Wagnon, Launois Clavy, Mesmont, Novion et Provisy et à Dame Philippe d'Estocquoy son épouse, par Damoiselle Françoise Angélique Duguet, dame d'Erville, parente et tutrice des enfants mineurs des défunts Louis Duguet et Jeanne (ou Anne) Duguet son épouse.

Publication à venir : "La vente de la seigneurie de Lalobbe en 1673".


Nouveau changement de propriétaire au début du 18ème siècle, la seigneurie de Lalobbe est revendue à Hugues Canot, bourgeois de Paris. Publication à venir :"1719, Nouvelle vente de la seigneurie" - Publication à venir : "Hugues Canot, un seigneur entreprenant"


Suite à la ruine de Hugues Canot, la seigneurie de Lalobbe passe aux mains de la famille Leseur de Baine vers le milieu du 18ème siècle puis par alliance à la famille de Biarnois qui en reste propriétaire jusque la révolution.




Une autre famille règne également sur Lalobbe, les seigneurs de Canelle dont on retrouve la trace depuis le 16ème siècle jusqu'à la révolution et même au delà. Publication à venir : "La famille de Canelle de Lalobbe"


 

Après la révolution, les différents propriétaires du domaine (château, moulin, terres et bois...)




En 1806, le domaine, on ne parle plus de "seigneurie", est vendu à Louis Thomas Canelle de Provisy qui ne le conserve pas et le revend à François Desalle Léonard Maxime Deslyons. La famille Deslyons gère le domaine durant un siècle. Publication à venir : "Les Deslyons"






Puis les Deslyons vendent leurs propriétés à la Société des Moulins Hardy-Lebègue, quelques biens sont également vendus à des habitants de Lalobbe.



Après quelques années de fonctionnement, le moulin du domaine est vendu en 1913 à la société Philippe et Gillard , qui le transforme en une "usine électrique", alimentant le village, usine gérée par la suite par la Société Anonyme Est Electrique. Aujourd'hui, le bâtiment a disparu, probablement détruit lors de la construction du pont qui remplaça la "passerelle" en bois bâtie sur les vannes de la retenue d'eau alimentant le moulin. Publication à venir : "Le moulin de Lalobbe"


Quant au château, la société Hardy-Lebègue le vend en 1920 à Joseph Jules Henri Jacquemin et à son épouse Irma Zélie Paris. Aujourd'hui, la propriété appartient à la famille Bouvet, des descendants de ce couple. Publication à venir "Le château de Lalobbe"



 

Documentation :

Essai historique sur Rozoy-sur-Serre et les environs : comprenant une grande partie de la Thiérache et du Porcien et quelques communes du Laonnois (p578 et 584)

Documents relatifs au Comte de Porcien 1134-1464 par Gaston Robert / publiés par ordre de S. A. S. le prince Louis II de Monaco








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